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Eclairage sur le sens de la participation exceptionnelle au défilé militaire du 14 juillet 2010 de troupes venues de 14 pays africains

Extraits de discours :

 

XVIIe Conférence des ambassadeurs

DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Palais de l’Élysée — Mercredi 26 août 2009

(…)

Nous nous mobiliserons aussi pour soutenir l’Afrique face à la menace croissante d’Al Qaïda, que ce soit au Sahel ou en Somalie. Alain JOYANDET le sait mieux que moi, ce qui vient de se passer ces derniers mois, notamment au Mali, au Niger et en Mauritanie est un signal clair, très clair. La France ne laissera pas Al Qaïda installer un sanctuaire à notre porte, en Afrique. Là aussi, le message doit bien être reçu.

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, 2010 sera une année importante pour la relation entre l’Afrique et la France : quatorze anciennes colonies françaises célèbreront le cinquantième anniversaire de leur indépendance. Ce sera donc une année dédiée à la fidélité dans l’amitié et la solidarité. Et je souhaite que 2010 signale aussi l’achèvement d’une rénovation profonde de nos relations avec le continent africain.

Deux temps forts marqueront à la fois cette fidélité et ce renouveau.

Le sommet Afrique-France qui se tiendra au début de l’année en Égypte. Je souhaite que soient étroitement associés à sa préparation les acteurs non gouvernementaux, le sommet proprement dit étant la composante officielle d’un processus plus large sur lequel Bernard KOUCHNER et Alain JOYANDET travaillent.

Le 14 juillet verra défiler sur les Champs-Élysées des contingents des anciens territoires de l’Afrique sub-saharienne qui ont contribué à la libération de notre pays lors des deux conflits mondiaux. Tous les chefs d’État concernés seront conviés. La France sait ce qu’elle doit à l’Afrique : elle lui exprimera sa gratitude. Et cette manifestation sera également tournée vers l’avenir. A la fin de cette année, les accords de défense qui nous lient à huit pays africains auront tous été renégociés dans une perspective radicalement nouvelle : la France conçoit son rôle comme un appui à la création de forces africaines capables d’assurer collectivement la sécurité de leur continent, dans le cadre de l’initiative de défense de l’Union africaine.

Les instruments de notre présence économique, eux aussi, seront profondément rénovés, dans un contexte d’accentuation de notre effort d’aide publique : malgré la crise, notre aide passera de 0,38 % en 2007 à 0,44 % de notre PIB en 2009. 60 % de ce total ira à l’Afrique. Douze kilomètres séparent l’Afrique de l’Europe ! Nous ne pouvons pas laisser tomber l’Afrique !

À ma demande, l’Agence française de développement a créé un fonds de soutien à l’initiative privée à hauteur de 2,5 milliards d’euros sur cinq ans. Le secteur privé doit répondre à tout cela. Et ce sera la meilleure réponse aux soupçons, injustes mais trop répandus, d’exploitation à leur seul profit des ressources africaines.

Ce n’est pas si simple de rénover nos relations avec l’Afrique. Et je mets au défi quiconque de m’expliquer qu’on peut le faire d’un coup de baguette magique. Si on ne s’occupe pas de l’Afrique, on est irresponsable car on ne prépare pas l’avenir et on est accusé de se désintéresser du continent. Si on s’en occupe, on est très facilement accusé d’ingérence. Mais ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il ne faut pas le faire. Il faut le faire. L’avenir de l’Europe se joue en partie aussi en Afrique.

Cela veut dire aussi, en Afrique, travailler avec de nouveaux partenaires : l’Afrique du Sud, l’Angola, le Nigéria. Ce n’est pas parce que ce ne sont pas des pays qui ont connu la colonisation française que nous devons nous interdire de dialoguer avec eux et même d’avoir un partenariat stratégique avec eux.

Pour piloter cette année exceptionnelle, j’ai demandé à Jacques TOUBON d’animer une structure interministérielle.

Par ailleurs, j’ai choisi Jean-Pierre RAFFARIN pour être mon représentant personnel auprès de l’Organisation internationale de la francophonie. Il préparera, avec l’autorité et la passion que chacun lui connaît, le prochain sommet, autre temps fort de l’année 2010.

(…)

Vœux au corps diplomatique étranger

DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Palais de l’Élysée — Vendredi 22 Janvier 2010

(…)

Mesdames et Messieurs, s’il est un continent dont les Français se sentent proches, c’est l’Afrique. Pour des raisons géographiques : la Méditerranée n’est pas une barrière, c’est notre mer commune. Pour des raisons démographiques : un Français sur dix a des racines en Afrique. Pour des raisons historiques enfin : cette année, quatorze États, unis à la France par des liens privilégiés, célébreront le cinquantenaire de leur indépendance. La commémoration de ce moment fondateur est d’abord, bien entendu, leur affaire. Mais la France entend leur témoigner sa volonté de construire avec eux un nouveau partenariat.

2010 sera, pour la France, une année de l’Afrique. D’abord avec l’accueil les 27 et 28 mai du sommet Afrique/France. C’est tout le continent qui sera convié, tant il est vrai que l’horizon de notre coopération s’est progressivement étendu à l’Afrique tout entière, avec de nouveaux partenaires majeurs : l’Afrique du Sud, l’Angola, le Nigéria. Nous inaugurerons aussi une nouvelle forme de sommet en associant à nos travaux ces acteurs majeurs du développement que sont les entreprises. Je souhaite que ce soit l’occasion pour les sociétés françaises de souscrire des engagements clairs au service du développement des pays qui les accueillent, dans le cadre d’une charte de l’entrepreneur en Afrique.

Puis, les 13 et 14 juillet, nous accueillerons pour une réunion de famille les chefs d’État qui célébreront le cinquantenaire de l’indépendance de leur pays. Ce sera l’occasion de faire le point sur la rénovation de notre partenariat, des accords de défense à la formation de la jeunesse. Des contingents de ces quatorze pays défileront sur les Champs-Élysées car je souhaite que tous les Français, ce jour-là, expriment solennellement leur reconnaissance au concours que les troupes africaines nous ont apporté lors des deux dernières Guerres mondiales. Sous l’égide de Jacques TOUBON, de nombreuses manifestations souligneront, tout au long de l’année, la force des liens humains qui unissent l’Afrique à la France.

Enfin, même si elle couvre tous les continents, Monsieur le Secrétaire général, la francophonie, qui tiendra son sommet à l’automne, sera une nouvelle occasion de célébrer le lien fort qui unit la moitié de l’Afrique à la France : celui de la langue que nous avons en partage. Je ferai tout pour élargir l’influence de votre organisation.

La politique que nous souhaitons conduire en Afrique n’est pas seulement marquée du sceau de la rénovation : elle est aussi déterminée à réussir la réconciliation. C’est fait avec la Mauritanie, au terme d’un processus que la France a soutenu sans réserve et qui a conduit au rétablissement de la légalité puis à l’élection du président AZIZ. C’est fait avec le Rwanda, à la suite de deux entretiens que j’ai eus avec le président KAGAMÉ et grâce à l’action patiente et déterminée de Bernard KOUCHNER. Je me rendrai à Kigali, après avoir visité Libreville au mois de février prochain.

C’est en cours avec l’Angola et je ferai tout pour achever cette année, avec le président DOS SANTOS, le mouvement engagé. C’est possible enfin — et combien souhaitable ! — avec la Côte d’Ivoire, pour peu que s’y tiennent les élections attendues depuis beaucoup trop longtemps.

Pour la France, l’Afrique, c’est aussi le continent où peut et doit progresser la paix.

En 2010 va se jouer le destin du Soudan. Tous les partisans sincères de la paix au Darfour doivent participer aux pourparlers qui vont reprendre à Doha. Les élections prévues en avril (enfin les premières élections au Soudan depuis près de vingt-cinq ans !) doivent être à la hauteur des ambitions démocratiques inscrites dans l’accord de 2005. Enfin, à moins d’un an de l’échéance prévue pour l’autodétermination du Sud-Soudan, les parties soudanaises doivent régler sans tarder les questions de fond non résolues à ce jour.

Dans la région des Grands Lacs, la sécurité de l’ensemble de la population n’est pas encore assurée dans l’Est de la République démocratique du Congo. Les Français ont été bouleversés des images qu’ils y ont vues. La communauté internationale doit rester engagée. Il faut aussi reconnaître que des progrès ont été accomplis mais nous devrions aller plus loin. C’est le sens du Forum pour la coopération dans la région des Grands Lacs que j’ai proposé de réunir cette année. Je souhaite qu’il débouche sur des projets concrets de coopération transfrontalière, pour apporter aux populations les dividendes de la paix.

(...)

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