
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Décentralisation au Cameroun (engagée depuis 2004), qui prévoit qu’il appartient désormais aux Collectivités Territoriales Décentralisées d’appuyer la programmation de leurs actions sur la base d’une approche participative. Pour ce faire, des plans de développement communaux doivent être réalisés avec la participation des populations. Afin de soutenir cette approche, la Communauté Urbaine de Douala - et plus particulièrement le Délégué du Gouvernement - a souhaité promouvoir le Budget Participatif.
Des représentants des six communes d’arrondissement de Douala (maires, secrétaires généraux, conseillers municipaux), des personnels de la CUD, des membres d’organisations de la société civile étaient présents. En outre, trois experts internationaux ont été invités à partager leurs expérience et approche sur ce thème : la coordinatrice du budget participatif au sein de la Fédération des municipalités de République Dominicaine, le superviseur général de la planification et de la gestion de la ville d’Esteio, dans l’agglomération de Porto Alegre, au Brésil et le coordinateur du Programme de Développement Social Urbain du Mali.

L’ONG ASSOAL, qui appuie l’élaboration des plans de développement locaux en utilisant le budget participatif dans plusieurs communes du Cameroun depuis 2003, a coordonné le séminaire.
La cérémonie officielle d’ouverture de l’atelier, qui a réuni près de 200 convives, s’est tenue en présence de représentants du MINATD, du Gouverneur de la province du Littoral, du Préfet du Wouri, du Délégué du Gouvernement de la Communauté Urbaine de Douala et des maires des six communes d’arrondissement de Douala.
Les journées d’étude s’articulaient autour de deux volets. Le premier était consacré à l’aspect théorique du Budget Participatif et destiné à l’approfondissement et au partage des connaissances et expériences (définition, historique, principes, cycles, expériences et outils d’ailleurs, leçons apprises). C’est à cette occasion que des études de cas ont été présentées et que les intervenants étrangers ont pu exposer les expériences de Budget Participatif et les méthodologies utilisées dans leurs pays, où le processus est déjà bien avancé. C’est plus particulièrement le cas en République Dominicaine où l’usage du budget participatif est même imposé par une loi, promulguée en 2007, et par la Constitution depuis 2010. De même, les participants ont bénéficié d’une présentation, par un expert de la GIZ, des actions conduites par le Programme d’Appui à la Décentralisation et au Développement Local (PADDL) dans l’Extrême-Nord du Cameroun, où trois communes expérimentent depuis 2009 le budget participatif.
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Le second volet a davantage mis l’accent sur l’opérationnalisation du Budget Participatif. Les participants ont eux-mêmes présenté la situation budgétaire et le processus décisionnel de leur commune ; ils ont établi les profils des budgets de leur collectivité, évalué leurs besoins spécifiques, leurs compétences et leurs ressources nécessaires. En fin d’atelier, les représentants des communes et les organisations de la société civile ont été en mesure d’élaborer leur plan d’actions pour la prise en compte du budget participatif dans l’élaboration et le suivi des plans de développement communaux.

Les débats et échanges, constructifs, riches et fructueux, ainsi que les récits d’expériences du Brésil, de la République Dominicaine et du Mali, ont suscité l’enthousiasme des participants et les représentants des communes d’arrondissement de Douala se sont engagés à utiliser le budget participatif dans le cadre de la réalisation de leurs plans de développement locaux.
L’expérimentation et l’accompagnement par ASSOAL et le SCAC ne concerneront que deux communes d’arrondissement pilotes dans un premier temps. Par la suite, l’expérience devrait se diffuser aux autres communes de la Communauté Urbaine de Douala.
Consultez le discours prononcé par l’ambassadeur de France S.E. M. Bruno Gain à cette occasion
