« L’interface environnement-santé dans la ville africaine à l’aube du 21ème siècle : enjeux et perspectives »
Créée le 28 novembre 2007 et légalisée le 05 décembre de la même année, l’Association d’Ecologie Humaine d’Afrique en abrégé AEHA est un projet ambitieux porté par le Professeur René Joly ASSAKO ASSAKO, Président de l’association et membre du Conseil d’Administration de la Société d’Ecologie Humaine (SEH) de France dont elle est la première émanation. L’AEHA est une association à caractère scientifique, apolitique et à but non lucratif qui se propose d’apporter l’expertise de ses membres dans la promotion et la valorisation des recherches, l’encadrement des étudiants et jeunes chercheurs et la vulgarisation des connaissances dans le domaine de l’écologie humaine en Afrique. Ses missions fondamentales sont donc de trois ordres : la recherche, l’enseignement et l’appui au développement. Son siège est basé au Département de géographie de l’Ecole Normale Supérieure de l’Université de Yaoundé 1 (Cameroun). C’est pour lancer ses activités qu’elle s’est proposée d’organiser du 02 au 05 décembre 2009, un colloque international sur le thème « L’interface environnement-santé dans la ville africaine à l’aube du 21ème siècle : enjeux et perspectives » .

En effet, le colloque de lancement ainsi organisé s’est proposé de trouver une articulation dynamique entre la politique de la ville, la politique de l’environnement et celle de la santé dans les contextes africains. L’idée de cette démarche est de fédérer les actions des différents acteurs à différents niveaux (local, départemental, régional, national).
Cette rencontre a connue la participation d’éminents chercheurs venant d’horizon divers (France, Ethiopie, Burkina-Faso, Gabon, Côte-d’Ivoire, Cameroun, Sénégal, Mali…). Dans son exposé sur « l’écologie humaine : historique et état de l’art », Nicole VERNAZZA-LICHT, présidente en exercice de la Société d’Ecologie Humaine, a montrer que l’Ecologie Humaine n’est pas une discipline comme la géographie, la sociologie, l’anthropologie, mais un champ inter disciplinaire né de trois dynamiques temporelles : Le rapport entre le social et le spatial (Ecole de Chicago), l’adaptation de l’homme à son environnement et la notion de pluridisciplinarité appliquée aux relations société/nature et aux interfaces biologie/culture. Les communications qui se focalisaient sur les questions conceptuelles mais aussi sur l’opérationnalisation de la ville durable en Afrique, ont porté sur trois axes thématiques : (1) Gestion et impact des déchets urbains sur le vécu des populations (2) Eau et santé en milieu urbain africain (3) Politiques et logiques des acteurs.

1. Gestion et impact des déchets sur le vécu des populations
Les communications regroupées dans cet axe (une vingtaine environ) montrent que l’urbanisation sans cesse galopante, l’amélioration des conditions de vie et le développement du commerce (surtout informel) ont conduit à un accroissement permanant du volume des déchets, dans un contexte où leur gestion quotidienne pose également la question de leurs répercutions sur la santé des populations. La question des déchets a en effet suscité des interrogations multiples, tant pour ce qui est des aspects liés à leur gestion, mais aussi et surtout, à propos des polémiques en rapport avec les stigmates sociaux et les considérations ethniques. Finalement, les regards portés sur les déchets étaient multiples : le déchet n’est pas seulement dégradant (Joseph Gabriel ELONG), il est aussi utile si on le récupère (Adeline PIERRAT, Estelle KOUOKAM MAGNE, Antoine de padoue NSEGBE, Gaston NDOCK NDOCK…) mais, dans un contexte d’urbanisation sauvage, en rapport avec l’eau, les déchets pourraient avoir un impact considérable sur la santé (René Joly ASSAKO ASSAKO, Antoine de padoue NSEGBE, Gaston NDOCK NDOCK).
2. Eau et santé en milieu urbain africain
L’axe 2 a connu un nombre important de communication, une vingtaine environ, dans des disciplines variées (Géographie, Démographie, Sociologie, Anthropologie) mais, le professeur Michel TCHOTSOUA va regretter l’absence d’une contribution épidémiologique qui aurait pu éclairer davantage les discussions. L’ensemble des communications pose le problème de l’absence d’adduction d’eau potable, de la pollution de cette ressource (SEKE KOUASSI, Carine TONMEU, Léon MUDUBU, Stéphanie GUITTON), des répercussions des stratégies d’approvisionnement sur la santé des populations africaines en général et camerounaises en particulier (Jean-Bosco ELLA, Eléno Manka’a FUBE, Péguy NDONKO …) Au centre de cette préoccupation, la croissance démographique, l’urbanisation des villes, les habitats spontanés, la pauvreté des populations et la dégradation de l’environnement, autant d’aléas qui concourent à la recrudescence des maladies hydriques (paludisme, diarrhée, amibiase, typhoïde…). Au centre de cette situation préoccupante, la question des responsabilités pour laquelle Daniel BLEY recommande de faire le lien entre les responsabilités individuelles et collectives puisqu’il s’agit d’une question de développement local.
3. Politiques et logiques des acteurs
Devant une pression sans cesse croissante de la population, les Etats ne se sont pas toujours dotés d’outils et de moyens leur permettant de légaliser, mais surtout de planifier cette occupation spatiale de fait, d’où l’émergence de relais aux pouvoirs politiques. En effet, ces acteurs jouent un rôle non négligeable en matière d’assainissement du cadre de vie en ville. Les politiques et les logiques des acteurs impliqués dans les domaines de l’évacuation de déchets et de l’approvisionnement en eau tournent autour des enjeux économiques, de l’insuffisance d’infrastructure et des aléas géographiques. Au bout du compte, c’est l’Homme qui, par son comportement et ses actions sur l’environnement aménage une niche écologique propice au développement et à l’émergence des maladies.
Le colloque s’est achevé par deux annonces majeures :
L’annonce de la publication des actes du colloque en trois volumes ;
La tenue du prochain colloque en 2010 sur le thème de la Géo anthropologie de la mort.
