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Les activités du groupe de l’AFD au Cameroun


Zone d’intervention

L’AFD intervient dans plus de soixante pays d’Afrique, du Pacifique, d’Asie, des Caraïbes, de l’océan Indien, de la Méditerranée, ainsi que dans l’outre-mer français. Elle dispose d’un réseau de quarante-cinq agences et bureaux répartis dans le monde.

L’Agence AFD de Yaoundé est compétente pour le Cameroun, la République centrafricaine - le bureau AFD de Bangui s’insère dans le dispositif régional de l’AFD - et la Guinée équatoriale.

Le bureau régional Proparco de Douala est compétent pour l’ensemble de la zone CEMAC.

Les activités du groupe de l’AFD au Cameroun

La lutte contre la pauvreté et l’appui à la croissance économique sont les deux axes stratégiques qui orientent les financements de l’AFD au Cameroun. L’AFD contribue activement à l’harmonisation de l’aide au développement apportée au Cameroun.

L’AFD gérera le contrat de désendettement et de développement (C2D) qui sera signé entre la France et le Cameroun dès que le point d’achèvement de l’initiative PPTE sera atteint.

Allègement de la dette publique : l’initiative PPTE et le C2D

La France est à l’origine de l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE) lancée par le sommet du G7 qui s’est tenu à Lyon en septembre 1996. Cette initiative multilatérale est pilotée par le FMI. Elle vise à réduire l’endettement extérieur public des pays éligibles en deçà d’un certain seuil fixé en proportion de leurs capacités exportatrices ou budgétaires. Sa mise en oeuvre comprend deux étapes : le point de décision
- atteint par le Cameroun en octobre 2000 - et le point d’achèvement
- désormais prévu en 2006 selon les négociations entre le Cameroun et le FMI du second semestre 2005. La période qui sépare ces deux dates est appelée « intérimaire ».

L’allégement de la dette publique comprend deux volets :

- l’initiative PPTE proprement dite, appelée « multilatérale », à laquelle participent l’ensemble des créanciers du Cameroun : les institutions multilatérales, les créanciers bilatéraux dont la France, qu’ils soient ou non membres du Club de Paris. Dans le cadre de l’initiative multilatérale, l’atteinte du point d’achèvement entraînera l’annulation d’une partie de la dette extérieure du Cameroun (1,3 Md USD) ;

- des volets bilatéraux complémentaires. Au Cameroun, ce volet concerne essentiellement, en termes de volume, la France qui s’est engagée, à partir du point d’achèvement, à refinancer, sous forme de dons, l’intégralité de ses créances d’aide publique au développement dans le cadre du C2D qui sera signé par les gouvernements camerounais et français. Il sera destiné à financer des politiques de lutte contre la pauvreté.

Pour le Cameroun, le montant du volet français additionnel C2D correspond à environ 1,2 milliard d’euros (780 Md FCFA) échelonné sur vingt années suivant le point d’achèvement, lui-même prévu en 2006. Sur les trois premières années de l’opération C2D, les montants à refinancer sont de l’ordre de 300 M€, soit environ 200 Md FCFA.

Situation du portefeuille de projets

Hors C2D, le portefeuille des concours « vivants » de l’AFD, c’est-à-dire en cours de remboursement ou de décaissement, est composé en 2005 de 84 prêts et de 4 subventions, représentant un encours total de 721 M€, soit 473 Md FCFA.

Les « restes à verser » concernent 13 prêts et 4 subventions et s’élevent à 35 M€ ou 23 M FCFA. Les principaux concours en phase de décaissement sont ceux consentis au port autonome de Douala, à CAMRAIL et à l’Etat pour la réhabilitation du pont sur le Wouri, ainsi que pour la réalisation du programme de développement de l’Ouest Bénoué.

Engagements

En principe, l’AFD ne peut plus prêter aux Etats pendant la période intérimaire PPTE, puisque les nouveaux prêts consentis seront annulés dès le point d’achèvement. A titre exceptionnel, deux prêts ont toutefois été consentis au Cameroun : l’un en 2001 pour le financement de la réhabilitation du pont sur le Wouri à Douala, l’autre en 2002 en faveur du projet de développement des cultures agro-écologiques dans le Nord du pays (ESA).

En outre, l’AFD octroie des prêts non-souverains à des entreprises camerounaises comme CAMRAIL (18,5 M€), le Port Autonome de Douala (18,3 M€) ou une société forestière (1 M€) pour la mise en oeuvre de son plan d’exploitation durable des ressources naturelles.

Proparco a réalisé en 2003 un engagement de 5 M€ sous la forme d’une ligne de crédit à une banque commerciale.

Décaissements de fonds

Les décaissements de l’AFD au Cameroun ont atteint 30 M€ en 2004. Pour l’année 2005, ils s’élèvent à 25 M€ à fin août.

Les opérations en cours d’exécution

Secteur des infrastructures

Les projets financés par l’AFD contribuent significativement au Programme sectoriel des transports. Ils sont complémen-taires aux actions menées par les autres bailleurs de fonds impliqués dans les stratégies visant à mettre en place les conditions d’une croissance économique et concernent chacune des principales activités de ce secteur.

Les routes :

Dans le sous-secteur routier, l’AFD est présente sur l’ensemble de la chaîne de transports : routes interurbaines, voiries urbaines et pistes rurales.

Les routes rurales :

Le dernier projet financé par l’AFD a permis de réhabiliter 48 ouvrages de franchissement sur les routes des provinces de l’Adamaoua, du Nord et de l’extrême nord, actions de désenclavement contribuant à l’amélioration de la production de coton et au bien être des populations rurales.

Les routes interurbaines d’intérêt régional :

La construction du pont de Makabaye, à l’entrée de Maroua s’est achevée en mars 2004. Les travaux d’aménagement de la route nationale 2A entre Ambam et Kyé-Ossi, à la frontière de la Guinée équatoriale, ont été réceptionnés en août 2004.

Les voiries urbaines :

Les travaux de « sauvetage » du pont sur le Wouri, à Douala, ont démarré en avril 2004 et devraient s’achever en 2006.

La voie ferrée

Dans le cadre de la privatisation du chemin de fer, l’AFD et sa filiale PROPARCO, contribuent au plan de financement du programme d’investissements prioritaires du concessionnaire, CAMRAIL (à hauteur de 12 Md FCFA sur un montant total d’investissement de 67 Md FCFA) en groupement avec la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement et un consortium de banques commerciales locales. Ce programme permet de réhabiliter les sections de voie ferrée les plus endommagées du tracé Yaoundé - Ngaoundéré, ainsi que le matériel roulant et les ateliers de maintenance.

Le port de Douala

La réforme portuaire, mise en oeuvre dans le cadre du programme sectoriel des transports, comporte notamment, la remise en état des ouvrages d’accostage et des terre-pleins du port de Douala. L’AFD, accompagnée par la KFW, a mis en place le financement de ce programme d’un montant total de 22 Md FCFA

Secteur developpement rural

Projet de réhabilitation et de création des points d’eau pour le bétail (PRCPB) : L’objectif de ce projet est de contribuer à la sécurisation de l’abreuvement du bétail dans les provinces du Nord et de l’Extrême-Nord par la création et la réhabilitation des puits, mares et retenues collinaires.

Projet de développement de l’Ouest Bénoué (PDOB). Il s’agit d’un projet de développement local participatif visant à aménager et développer le territoire Ouest Bénoué, préserver et mieux gérer les ressources naturelles et améliorer les conditions de vie des populations en facilitant l’accès aux infrastructures économiques et sociales de base (réseau routier, points d’eau, santé, éducation)

Le projet Eau, sol, arbre (ESA) a entre autres pour objectifs : ralentir le processus de dégradation du milieu et amorcer une restauration de la fertilité et du couvert arboré, augmenter et sécuriser les revenus des agriculteurs

Financement du plan d’aménagement d’une société forestière.

L’objet de ce projet est de contribuer à l’élaboration d’un système de gestion durable de cinq concessions forestières couvrant une superficie de 300.000 ha (connaissance de la ressource, organisation de l’exploitation, préservation de la biodiversité, gestion de la faune, lutte contre le braconnage, organisation des activités de chasse, amélioration des conditions de vie des populations locales). Le projet doit aider à la mise en oeuvre de la politique nationale en matière d’aménagements forestiers.

Secteurs sociaux

A compter de 2006, l’AFD est chargée de mettre en oeuvre les interventions de la France en matière de santé, d’éducation de base et de formation professionnelle.

Secteur de la santé

Le gouvernement camerounais s’emploie à mettre en oeuvre la stratégie sectorielle santé qui a été définie avec ses partenaires en 2001, en cohérence avec la stratégie nationale de réduction de la pauvreté. Les interventions de la France s’inscrivent dans ce cadre et prennent plusieurs formes : assistance technique, projets du Fonds de solidarité prioritaire et prochainement volet santé. Par ailleurs, le secteur camerounais de la santé bénéficie de financements multilatéraux auxquels la France contribue, tel le Fonds mondial contre le sida, le paludisme et la tuberculose et le fonds GAVI pour la vaccination.

Dans le cadre du financement et de la mise en oeuvre de la stratégie sectorielle de la santé, les études préparatoires du volet santé du C2D concernent :

- les modalités d’un appui institutionnel au Ministère de la santé publique,

- la mise en place d’une carte sanitaire du Cameroun,

- les modalités d’une contractualisation entre l’État et le secteur privé non lucratif,

- le soutien à la lutte contre les maladies (lutte contre le sida, vaccination),

- les conditions d’un renforcement de l’offre de soin dans les provinces.

Secteur de l’éducation

Notre coopération dans le secteur éducatif primaire et secondaire se situe dans le cadre du projet « Programme d’accompagnement de la réforme de l’enseignement » (PARE) qui vise plus spécifiquement :

- au plan pédagogique, à mettre en oeuvre des dispositifs efficaces de formation continue des personnels et à renforcer la formation initiale des instituteurs dans les écoles normales ;

- au plan institutionnel, à proposer des formations aux cadres administratifs et pédagogiques pour leur permettre de s’adapter aux réformes (et notamment à la déconcentration) et pour développer une culture de la planification.

Secteur privé

Au Cameroun, le Groupe de l’AFD dispose de cinq instruments de financement en faveur des entreprises.

- ACEP (Agence pour le crédit à l’entreprise privée) est une institution de microfinance dédiée à l’octroi de prêts aux très petites entreprises de Douala et Yaoundé (financement de l’assistance technique, des investissements et du fonds de crédit d’origine). Les résultats obtenus ont été supérieurs aux prévisions : 9 000 prêts d’un montant moyen de 85 000 FCFA ont été octroyés depuis janvier 2000 avec un taux de recouvrement de 98%. Le processus de privatisation d’ACEP a abouti fin 2005.

- ARIZ (Assurance pour le risque des investissements en ZSP) est un fonds qui couvre partiellement le risque économique attaché aux prêts ou aux apports en fonds propres en faveur d’entreprises locales des pays étrangers en garantissant des prêts à moyen et long terme accordés à des entreprises par des banques locales agréées. 4,2 Md FCFA de garanties ont été octroyées depuis deux ans dans le cadre de cette facilité.

- CAGF (Central Africa Growth Fund) est un fonds d’investissement en capital-risque sur la zone CEMAC, constitué en novembre 2003. Le capital initial est de 10,5 Md FCFA souscrit partiellement par Proparco et la BEI. L’objectif visé est de mobiliser l’épargne locale en vue de financer l’économie au travers de prises de participation minoritaires dans des entreprises de la zone CEMAC.

- Le Partenariat Public/Privé : Les dossiers CAMRAIL et Port Autonome de DOUALA sont des exemples de partenariat entre des entités publiques et privées soutenus par des financements de l’AFD et de Proparco.

- Les lignes de crédit de Proparco : Proparco consent agréées des lignes de crédit à moyen et long terme en euros à deux banques camerounaises afin de leur permettre de financer les programmes d’investissement de leur clientèle qui exigent des ressources longues.

Les programmes en préparation

Depuis l’atteinte du point de décision de l’initiative PPTE (cf. ci-dessus), l’AFD prépare avec ses tutelles et le gouvernement camerounais les éléments du C2D, qui sera signé entre la France et le Cameroun après le point d’achèvement.

Le C2D visera à réduire la pauvreté et à stimuler la croissance au Cameroun. A ce stade, il est envisagé que quatre secteurs concentrent la majeure partie des financements prévus :

- éducation de base ;

- santé publique ;

- infrastructures urbaines et rurales ;

- agriculture et sécurité alimentaire.

En outre le groupe AFD souhaite favoriser la croissance économique camerounaise en participant au financement de programmes d’investissements privés, en partenariats publics/privés et, après le point d’achèvement, publics. Les cofinancements avec d’autres bailleurs sont recherchés dans un souci d’efficacité et d’harmonisation de l’aide. Des investissements dans le secteur de l’énergie sont ainsi à l’étude, sans que cet exemple soit limitatif.

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