Portraits de Français du Cameroun : Grégoire Tugdual Maguer

Du côté de Ngaoundéré, un Français du nom de Grégoire Tugdual Maguer.

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Sa vie, son histoire
Grégoire Tugdual Maguer réside au Cameroun depuis 1995 alors qu’il avait choisi de réaliser un volontariat civil au profit de la coopération en Afrique pour son service militaire obligatoire.

Au service de l’Institut européen de coopération et de développement (IECD), ONG française porteuse de projets, il va réaliser 2 ans de service pour les écoles familiales agricoles du Cameroun dont la pédagogie est basée sur l’alternance école / exploitation agricole. Son amour pour le Cameroun va naître et l’histoire va suivre jusqu’à aujourd’hui.

Son père étant un paysan breton engagé dans l’action collective professionnelle, qui donnera des résultats tels que Coopagri Bretagne, c’est sans doute la suite de cet héritage social qui se poursuit au Cameroun, dans un pays en pleine construction avec des besoins importants en organisations et en structuration professionnelle locale.

Pur produit des maisons familiales rurales, un parcours scolaire 100% agricole l’amènera à obtenir un cap, un BEP, un BTA et un BTS en gestion des systèmes d’exploitation agricole. Plutôt atypique pour une formation au départ très pratique, sa formation se terminera par une école d’ingénieur à la faculté de renom des sciences agronomiques de Gembloux (Belgique) avec option agriculture tropicale. C’est avec ce bagage intellectuel et ces 30 années de terrain qu’il poursuit sa carrière en Afrique.

Marié depuis 2 ans à une Camerounaise, et deux enfants plus tard, sa position de Français au Cameroun prend tout son sens avec la chance de pouvoir élever ses enfants nés en France au pays de leur ancêtres maternels, avec ce que cela comporte de richesse culturelle pour leur avenir.

Consulting dans l’agriculture et l’agro-industrie au Cameroun

Grégoire intervient en expertise conseil, consultant, freelance auprès des entreprises agricoles et agro-industrielles en création et développement, et particulièrement en production de maïs et autres denrées alimentaires à haute intensité technologique. Les défis quotidiens à relever sont énormes mais Grégoire a tout de même l’impression d’apporter un véritable plus dans la dynamique socio-professionnelle en techniques de travail, en formation des personnes, en animation d’un milieu humain, souvent en zone rurale isolée. Il participe à la formation des acteurs de l’entreprise de demain, il apprend aussi beaucoup lui-même à leur écoute.

Il en découle que pour lui, l’agro-industrie doit pouvoir assurer une autosuffisance alimentaire régionale sur fond de rentabilité économique, avec une notion de durable, mais aussi être un ferment, une base, un acteur, un noyau promoteur du développement local dans son milieu humain et économique en agissant de façon forte sur la promotion sociale, et la création d’une valeur ajoutée régionale.

"Cela fait d’un métier difficile la sensation d’écrire l’Histoire, jusqu’au champ des paysans en développement des coopératives locales -créer ou essayer de créer chaque jour."

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Son regard sur les échanges Français-Camerounais

Grégoire trouve qu’en zone rurale, les relations sont moins complexées par l’Histoire qu’en zone urbaine. Une chose est certaine, pour lui : les relations profondes qui nous lient doivent être les bases solides d’un "new deal", d’une relation d’affaires gagnant/gagnant sur une culture francophone et francophile que nous partageons.

"Nous devons, nous Français, investir, créer des emplois, créer de la valeur ajoutée, transmettre des savoir-faire."

"Nous sommes une fraternité, une liberté commune, une égalité devant les mêmes problèmes géopolitiques. Nous sommes en recherche d’un devenir meilleur : il faut qu’il soit commun."

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Ses conseils à un(e) français(e) qui voudrait s’installer au Cameroun

Pour Grégoire, trop nombreux sont les Français qui vivent isolés des autres Français au Cameroun alors qu’il y a tant d’opportunités :

- Il conseille de se rapprocher de son consulat, de s’inscrire sur les listes consulaires des résidents à l’étranger et sur les listes électorales. "Voter est un droit mais aussi un devoir, même à l’étranger" (au passage, 2017 sera une grande année d’élections : inscrivez-vous sur les listes électorales !).

- Les associations françaises sont également nombreuses : "ensemble, en groupe, nous sommes plus fort, la vie est plus belle."

- Aussi, avant de s’installer, il faudrait que les Français profitent de l’expérience des anciens expatriés -ils sont là pour aider.

"Au bout de 15 jours, on comprend le Cameroun, mais il faut une vie pour commencer à le connaître."
Interview réalisée par Kristian Le Perff

Dernière modification : 03/10/2016

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