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Signature de la convention de subvention de l’Agence Française de Développement destinée à l’extension en zone rurale d’Acep Cameroun

CEREMONIE DE SIGNATURE DE LA CONVENTION DE SUBVENTION DE L’AGENCE FRANCAISE DE DEVELOPPEMENT
DESTINEE A L’EXTENSION EN ZONE RURALE D’ACEP CAMEROUN
(YAOUINDE, AFED, 20 JUIN 2012)

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Excellence Monsieur le Ministre des Petites et Moyennes Entreprises,
Messieurs les Administrateurs,
Monsieur le Directeur Général d’ACEP Cameroun,
Monsieur le Directeur de l’AFD,
Honorables invités en vos titres et qualités,
Mesdames et Messieurs,

 

C’est pour moi un grand honneur et surtout un vif plaisir de participer aujourd’hui, dans les bureaux de l’Agence Française de Développement au Cameroun, à la signature d’une convention de financement destinée à l’extension, en zone rurale, de l’Agence de Crédit pour l’Entreprise privée – l’ACEP –, acteur majeur de la micro finance au Cameroun.

La présence à nos côtés de Monsieur le Ministre des PME, à qui je souhaite adresser mes très chaleureux et sincères remerciements pour avoir accepté de parrainer cette manifestation, démontre, s’il en était besoin, à quel point la micro-finance revêt un caractère stratégique et prioritaire pour les Autorités camerounaises. Les Très Petites Entreprises (TPE) et les Petites et Moyennes Entreprises (PME) constituent en effet un segment de clientèle important et même stratégique pour les Institutions de Micro-finance - les IMF comme on les désigne plus couramment au Cameroun

C’est aussi le lieu de préciser que durant ces derniers mois, nombre de conventions ont été signées au bénéfice de l’Etat, mais que l’AFD, rappelons-le, par sa mission officielle, soutient également le secteur privé et en particulier le secteur financier, incluant celui de la micro-finance, notamment dans sa double dimension d’épargne et de crédit.

Je voudrais aujourd’hui confirmer l’attachement de la coopération française à la promotion et au développement de la micro-finance. Je l’ai encore tout récemment souligné lors de l’Assemblée Générale de l’Union des Mutuelles Camerounaises d’Epargne et de Crédit « MUCADEC », qui s’est tenue il y a quelques jours à Yaoundé. Je n’oublie pas, à titre personnel, les riches enseignements retirés de visites de petites entreprises appuyées par des réseaux de micro-finance, dont ACEP, faites ces deux dernières années, lors de visites de hautes personnalités françaises.

Même si le poids de la micro-finance dans le PIB des Etats reste encore faible, son impact économique, social et même politique est aujourd’hui reconnu. L’accès aux services financiers – que ce soit la possibilité d’obtenir un crédit, la sécurisation de l’épargne ou la mise à disposition de moyens de paiement pour ne citer que les principaux – est essentiel pour réduire la vulnérabilité des populations les plus pauvres et permettre également le développement d’un tissu de petites entreprises privées.

La micro-finance est d’abord un moyen efficace de lutte contre la pauvreté et la précarité.

En permettant, aux petites entreprises urbaines et rurales ainsi qu’aux populations modestes d’obtenir des crédits, la micro-finance complète à bon escient l’offre traditionnelle des banques commerciales auxquels ces opérateurs économiques n’ont généralement pas accès. La micro-finance vient donner à des millions de personnes la possibilité d’accroître leurs revenus et, ainsi, d’améliorer leur situation personnelle, celle de leur famille et plus généralement celle de l’économie nationale. C’est à ce titre que le gouvernement camerounais a fait de la finance inclusive un axe fort de développement économique.

Dès 2000, la France a agit dans ce secteur au Cameroun à travers des appuis du Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade, qui ont soutenu les interventions de la coopération décentralisée de la région Alsace en faveur du micro crédit mais aussi l’action d’autres ONG françaises à l’appui des institutions locales de micro finance, en faveur des femmes rurales du Nord notamment.

Mais l’action de la Coopération française dans le domaine de la micro-finance c’est aussi celle de son opérateur principal qu’est l’Agence Française de Développement. Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, l’AFD a pour objectif de favoriser l’accessibilité au crédit des petits entrepreneurs en favorisant l’émergence d’institutions de micro-finance solides, financièrement et institutionnellement responsables. La stratégie d’appui de l’AFD à ce secteur s’articule autour de trois axes principaux :

● le premier couvre le soutien direct aux institutions de micro-finance, en particulier par l’accroissement de leurs portefeuilles, la diversification de leurs produits, la professionnalisation de leurs pratiques et de leurs équipes et le soutien au développement de l’innovation technologique ;

● le second axe vise l’appui aux infrastructures du secteur financier par le renforcement des capacités des organismes d’appui technique (agences de notation, prestataires de formation…) et le soutien aux structures intermédiaires de refinancement (fonds, banques…) ;

● enfin, l’appui institutionnel, troisième axe d’une stratégie résolument volontariste de l’AFD, s’intéresse à la bonne gouvernance des institutions et à leur pérennisation. Cet axe couvre la définition des règlementations et des normes de contrôle à travers un cadre législatif et réglementaire national et un renforcement des organes de supervision.

Pour soutenir cette stratégie, l’AFD dispose d’une large gamme d’outils d’intervention développée pour répondre aux besoins de plus en plus diversifiés des IMF. Je pense en particulier au produit d’assurance ARIZ qui permet de garantir les organismes de microcrédit jusqu’à 75% de leurs engagements ; je pense aussi aux subventions pour le renforcement des capacités de gestion des institutions, aux prêts en monnaie locale ou en devise ; je pense également aux prises de participations dans le capital des IMF.

Excellence Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs,

Je me félicite que l’AFD soit présente depuis plus d’une décennie dans le secteur de la micro-finance au Cameroun qui a connu une si forte croissance. Le développement et le renforcement de ce secteur constitue en effet un des axes prioritaires d’intervention de l’Agence dans ce pays. Ses interventions en soutien aux IMF camerounaises que ce soit le réseau Advans ou ACEP ont pris la forme de subventions dans la phase de démarrage, mais aussi de lignes de crédit ou de garantie pour leur permettre de mobiliser des ressources financières à long terme.

ACEP a ainsi bénéficié de soutiens multiformes de la part de l’AFD, parmi lesquels un projet d’appui aux très petites entreprises financé par une subvention d’un montant de 984 Millions FCFA, deux prêts bonifiés de respectivement 1 Md et 1,5 Md FCFA, en 2006 et 2010 et enfin la mise place d’un dispositif ARIZ, qui a facilité à plusieurs reprises son refinancement, en garantissant des prêts de la BICEC (prêt de 1,5 Mds FCFA en 2008) et des Mutuelles Congolaises d’Epargne et de Crédit (MUCODEC, prêt de 1 Md FCFA en 2009), permettant ainsi la croissance de son portefeuille de crédit.

Tous ces concours, tous ces appuis ont porté leurs fruits. Par son professionnalisme et son dynamisme, ACEP Cameroun s’est considérablement développée ces dernières années. Elle compte aujourd’hui environ 20.000 clients, un réseau de 11 agences réparties sur tout le territoire camerounais, une épargne recueillie de 785 Millions FCFA et elle compte plus de 13 Mds de FCFA d’encours de prêts.

Ces bons résultats sont d’abord à mettre au crédit de la compétence des dirigeants mais également de l’ensemble du personnel d’ACEP Cameroun que je tiens à féliciter chaleureusement.

Excellence Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs,

Malgré une évolution considérable de la micro-finance vers la commercialisation de nouveaux produits financiers, les besoins en renforcement des capacités des institutions restent importants. Par ailleurs, de nombreux segments de marché sont encore non couverts, comme par exemple la clientèle rurale.

Pour couvrir ces besoins, l’AFD a créé en 2009 la « Facilité de renforcement des capacités en micro finance », dotée de 13 Milliards FCFA pour la période 2009-2012, qui permet d’apporter des financements sous forme de subvention.

Aux termes de la convention qui nous réunit aujourd’hui, la France met à la disposition d’ACEP Cameroun, par l’intermédiaire de l’Agence, et via cette Facilité, une subvention d’un montant de 490.000 euros, soit près de 321 millions de FCFA. Ce montant devra permettre à cet établissement de bénéficier d’une expertise technique internationale destinée à l’adaptation de ses produits financiers aux différentes contraintes et aux besoins spécifiques des zones rurales, à la mise en place de méthodes et d’outils de gestion propres au contexte rural, pour permettre ainsi la définition de nouvelles procédures de gestion décentralisée, et enfin à l’élargissement de son réseau dans sept villes à dominante rurale.

Le projet soutenu par l’AFD permettra le développement d’innovations en terme de produits financiers et de diversification de la clientèle en direction des agriculteurs, éleveurs, commerçants, transformateurs de produits agricoles et artisans ruraux. La liste ne se veut pas exhaustive… Plus généralement, ce projet visera l’amélioration de l’accès des populations rurales à des financements adaptés pour la création et le développement d’activités économiques nouvelles, notamment agricoles.

Ces évolutions souhaitées et encouragées d’un commun accord entre ACEP et l’AFD auront notamment un impact en termes de développement local, de lutte contre la pauvreté, de lutte contre l’exode rural et de renforcement de la sécurité alimentaire.

J’ajouterai qu’en finançant une nouvelle fois une relation, déjà ancienne et particulièrement féconde avec ACEP Cameroun, l’AFD entend encourager cette dernière à passer du stade d’une institution de micro finance urbaine à une institution de micro finance rurale et agricole, porteuse d’une réelle valeur ajoutée, économique, sociale et environnementale.

En élargissant sa clientèle traditionnelle des zones urbaines à de nouvelles zones rurales, qui souffrent d’un manque crucial d’accès aux services financiers, ACEP va apporter une nouvelle offre de crédit. Celle-ci bénéficiera aux entrepreneurs ruraux, dont les besoins sont importants. L’apport d’ACEP doit s’envisager de manière plus large encore. Je le vois pour ma part comme une source de diversification des revenus en zone rurale et de monétarisation des échanges. Je ne peux que m’en féliciter vivement.

C’est donc avec un grand plaisir que je souhaite partager avec vous tous que nous signons aujourd’hui cette convention de financement, en souhaitant une mise en œuvre efficace et rapide de l’opération, au plus grand bénéfice du monde rural. Cet appui n’est du reste pas isolé. Il sera en effet suivi d’un prêt de 656 millions de FCFA. En facilitant l’accès d’ACEP à des ressources à long terme, l’AFD souhaite accompagner durablement le développement des activités de crédit de cette IMF en faveur des petites et très petites entreprises en zone rurale et soutenir la pérennisation et la diversification de ces activités.

Je souhaiterais conclure mon trop long propos en remerciant ACEP Cameroun pour l’organisation de cette sympathique cérémonie et en formulant mes vœux les plus sincères de réussite pour cette nouvelle collaboration entre l’AFD et ACEP.

En dépit des difficultés qu’il connaît (que je n’ai pas souhaité rappeler ce matin mais que nous avons tous à l’esprit), le développement constant du secteur de la micro-finance au Cameroun ne fait que confirmer la justesse de la vision du Professeur Yunus, son père spirituel à l’échelle international. Les instruments financiers nés de la micro-finance ont un caractère indispensable et universel pour lutter contre l’exclusion et la pauvreté car ils s’appuient sur ce que l’homme a de meilleur : la solidarité, la confiance, la dignité et l’esprit d’entreprise.

La cérémonie qui nous rassemble aujourd’hui vient en toute humilité nous le rappeler.

Je vous remercie de votre bienveillante attention./.


publié le 02.07.2012

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