Table ronde : Climat - Le Cameroun face à tous les défis


CLIMAT : LE CAMEROUN FACE A TOUS LES DEFIS
TABLE-RONDE « FORETS »

MOT INTRODUCTIF DE S. EXC. MME CHRISTINE ROBICHON, AMBASSADRICE DE FRANCE AU CAMEROUN
(YAOUNDE, 13 MAI 2014)

 
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Monsieur le secrétaire général,
Messieurs les panélistes,
Mesdames, Messieurs, bonsoir.

Je suis heureuse d’apporter mon soutien à l’initiative de l’Institut Français du Cameroun d’organiser des tables rondes sur le thème « Climat ; le Cameroun face à tous les défis ».

Le changement climatique est un enjeu majeur pour le XXIème siècle. Si nous n’arrivons pas à contenir le réchauffement de la planète à un seuil de + 2°C et à nous y adapter, les conséquences seront dramatiques pour les générations à venir.

Ce réchauffement est déjà une réalité. Depuis l’ère préindustrielle, il a été de +0,8°C. D’ici 2030, il devrait être d’environ +1,5°C. D’ici 50 ans, peut être de +2,7°C, et d’ici la fin du siècle de +4°C. On estime que la nature mettra ensuite un millénaire à résorber les effets de chaque degré supplémentaire.

Partout les conséquences de ce phénomène sont visibles. Il « n’y a plus de saison » entend-on souvent. L’irrégularité des pluies provoque des sécheresses et des inondations ravageuses. On l’a vu dans le nord du Cameroun. Les scientifiques nous affirment que les évènements climatiques majeurs vont être de plus en plus fréquents.

Les rapports des experts sont alarmants. Ils préconisent de réduire au plus vite les émissions de gaz à effet de serre et de maintenir le réchauffement planétaire en dessous de +2°C. Si rien n’est fait, c’est l’hypothèse d’une hausse de +4°C qui se réalisera. Les pays de la zone intertropicale seront parmi les plus vulnérables.

En Afrique, le réchauffement climatique pourrait faire baisser le rendement des cultures sensibles aux températures et à la pluviométrie, comme le maïs et le sorgho, mais aussi le fourrage pour le bétail. Cela porterait atteinte à la sécurité alimentaire et pourrait entrainer un vaste mouvement de migration de populations et de troupeaux de la zone sahélienne vers les régions forestières du Sud.

Autre inquiétude majeure, le niveau des océans s’élèverait d’1 m dans le scénario d’un réchauffement de +4°C. Ce phénomène pourrait avoir des effets catastrophiques sur les régions côtières. Le golfe de Guinée, très peuplé, est particulièrement exposé.

Que voulons-nous ? Un monde à +2°C ou un monde à +4°C ? A priori, la réponse est unanime. Pourtant, les solutions ne sont pas aisées à trouver. Un avenir nouveau est à construire. C’est un défi pour l’humanité.

La France fait de la lutte contre le réchauffement l’une de ses priorités. Paris accueillera l’année prochaine la 21ème conférence des parties à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Son objectif est de parvenir à un accord juridiquement contraignant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre à partir de 2020, en vue de limiter la hausse des températures à +2°C.

Les négociations seront ardues. Les responsabilités des principaux émetteurs de gaz à effet de serre, les pays développés et émergents ne seront pas niées.

Un accord global est nécessaire. Pour être global, il doit être soutenu par la majorité des pays en développement. Chacun devra s’adapter. Il faudra trouver les méthodes et les instruments financiers idoines. Il faudra des changements technologiques. Il faudra revoir les priorités en matière d’investissement et de politiques publiques, faciliter la recherche et les transferts de savoirs et faire évoluer les partenariats nord-sud et sud-sud vers plus de solidarité réciproque…

Le Cameroun jouera son rôle dans ces négociations internationales. Cette Afrique en miniature est l’un des pays qui a les écosystèmes les plus diversifiés : forêt dense humide dans le sud, zones sahéliennes du Nord, inondables, du Logone et Chari, en passant par les highlands de l’ouest et du nord-ouest et les savanes de l’Adamoua. On appréhende encore assez mal les conséquences concrètes des modifications du climat sur ces différentes régions et ce qui peut être fait localement pour limiter l’augmentation des températures mais ce qui est certain, c’est que le Cameroun ne sera pas épargné.

Les tables-rondes qu’organise l’Institut français du Cameroun permettront de partager les connaissances disponibles. Animées par des professionnels de l’information, des journalistes et des réalisateurs, coordonnés par Rose Munjongué, elles vont être filmées puis rediffusées par la CRTV qui a accepté d’être partenaire de l’IFC et que je remercie. Je remercie Bolloré Africa Logistics, pour son concours financier ainsi que les éminents panélistes qui participeront aux débats.

-  Nous aurons ce soir la première des trois tables rondes. Elle porte sur le rôle des forêts dans l’atténuation du changement climatique ; le Cameroun, qui héberge la Commission des forêts d’Afrique Centrale, est en pointe dans la gestion durable des forêts.
-  Le 2 juin, à Douala, une table ronde sera consacrée à la montée des océans et aux enjeux d’urbanisation le long des côtes ; la ville de Douala, l’une des plus grandes métropoles du golfe de Guinée, sera associée à ce travail prospectif.
-  Le 11 juin, ici dans cette salle, la troisième table ronde aura pour thème les régions du Nord-Cameroun, en particulier l’adaptation aux variations de la pluviométrie et la lutte contre la désertification. L’avenir du lac Tchad sera aussi évoqué.

Je vous remercie de votre attention et vous souhaite de riches et passionnants débats./.

 

 

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Dernière modification : 04/03/2015

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