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60ème anniversaire du débarquement allié en Provence

Commémoration du 60ème anniversaire des débarquements et de la libération de Provence

« Le 15 août 1944, une force considérable, composée de troupes françaises, américaines et britanniques, prenait pied sur la côte varoise : c’était le débarquement de Provence.

Soixante ans après, la nation française se souvient toujours avec émotion et fierté de ces heures exaltantes où elle vit son armée d’Afrique ouvrir, aux côtés des forces alliées et avec le soutien déterminé de la Résistance intérieure, une seconde voie à la liberté. Nous nous souvenons de ces admirables combattants venus d’Algérie, du Maroc et de Tunisie au secours de la France ; des enfants de la grande Afrique noire et de l’océan Indien  ; des fils du Pacifique et de la Caraïbe. Ils étaient de toutes origines, de toutes cultures, de toutes religions, et de tout lieu où flottait le drapeau tricolore. » (Extrait du message qui sera prononcé par Monsieur Jacques Chirac à l’occasion du 60ème anniversaire des débarquements de Provence, le 15 août 2004).

« En cette année, cette célébration du 60e anniversaire des débarquements revêt une triple signification. La première bien entendu est d’abord de rendre hommage aux hommes et aux femmes qui ont choisi de donner une part de leur vie, souvent leur vie elle-même, pour permettre que les valeurs de la liberté puissent de nouveau exister chez nous, mais également dans toute l’Europe. Cette célébration est également opportune, parce qu’elle est l’occasion de faire passer ce message aux jeunes, leur faire passer le message que, finalement, il n’y a pas de fatalité. Et puis il y a un troisième message, qui est un message qui s’adresse bien au-delà de notre pays, bien au-delà de l’Europe. Cette célébration est un fantastique message d’espoir pour tous les peuples qui, dans le monde aujourd’hui, sont confrontés à de multiples crises ; elle leur montre que des gens qui se sont combattus peuvent aussi, quelques années plus tard, être capables de se réconcilier pour construire ensemble autre chose. » (Mme Michèle Alliot-Marie, entretien avec RFI, 22/05/04).

« Nous sommes entrés, le 6 juin dernier, avec les cérémonies du 60éme anniversaire du débarquement allié en Normandie, dans une année de commémorations de l’irrésistible avancée de la liberté sur le territoire français. Elles nous feront passer de la Provence, à Paris, en août prochain, puis en Alsace, en novembre, dans les Ardennes, début 2005. De nombreuses manifestations attesteront de notre détermination à ne pas oublier ces pages essentielles de notre histoire. Non seulement pour exprimer notre reconnaissance à ceux qui se sont engagés et ont sacrifié leur jeunesse pour défendre les valeurs auxquelles ils croyaient : la liberté, la dignité, l’honneur, mais aussi pour convaincre les jeunes générations de la modernité des principes qui guidaient leur action. » (M.  Hamlaoui Mekachera, Allocution lors du 60e anniversaire du camp de résistants de la forêt de Freteval, le 09/07/2004)

Pourquoi la France organise-t-elle des cérémonies en 2004  ? Pourquoi tout particulièrement le 60e anniversaire ?

Soixante ans après ces jours glorieux et tragiques, il convenait de rendre un hommage à la hauteur de l’engagement, du courage et de la détermination de ces hommes et de ces femmes qui ont permis à la France et à l’Europe de retrouver leur liberté. Cette année sera marquante pour le monde combattant, puisque nous avons commémoré les cérémonies du 6 juin en Normandie, puis viendront celles du 15 août en Provence et du 25 août à Paris. Ces célébrations ne s’arrêtent pas aux seules cérémonies officielles  ; au total plus de 800 manifestations locales organisées à travers tout le pays soulignent la spontanéité de cette action de mémoire.

Quel est l’esprit de ces cérémonies de commémoration de Provence et quels en sont les principaux objectifs ?

A travers les commémorations de ce 60e anniversaire, il s’agit de rendre hommage aux alliés anglo-saxons, et de marquer notre gratitude aux combattants français originaires du Maghreb et d’Afrique qui débarquèrent par dizaines de milliers sur les plages du Midi. Ils ont participé ou donné leur vie pour la libération de la France et de l’Europe du joug du nazisme. C’est l’occasion de leur dire que nous n’oublierons jamais leur sacrifice. Il s’agit également de sensibiliser les jeunes aux valeurs défendues par leurs aînés ; nous souhaitons leur faire partager cette mémoire, et leur dire qu’il n’y a pas de fatalité du recul de la liberté dès lors que l’on accepte de se battre pour elle. C’est un message auquel les jeunes sont extrêmement sensibles aujourd’hui. Pourquoi réunir les pays africains le 15 août  ? Le 15 août 1944, le 2ème corps français commandé par le Général de Lattre de Tassigny débarquait dans les baies de Cavalaire et de Saint-Tropez. Cette armée était principalement composée de troupes issues des territoires français d’Afrique. Il est essentiel que la France rende hommage au sacrifice des vétérans des Débarquements de Provence et convie les chefs d’Etats et les vétérans des pays aujourd’hui indépendants qui ont lutté à nos côtés. A ce titre, la cérémonie de Toulon marquera l’hommage solennel à toutes les nations qui composaient l’armée d’Afrique. Le témoignage que nous lèguent ces hommes de l’armée d’Afrique est très actuel et la fraternité d’armes qui unissait ces combattants de tous les horizons reste un modèle pour notre société.

Quel est le programme de ces cérémonies de Provence ?

Les cérémonies se tiendront les 14 et 15 août, la cérémonie internationale clôturant cette commémoration le 15 août. Le 14 août, à 16 heures 30, aura lieu la cérémonie de La Motte-Le Muy, présidée par le ministre délégué aux Personnes âgées, M. Hubert Falco. La Motte est le premier village de Provence libéré. Le 14 août, à 19 heures, aura lieu au cimetière américain « Rhone American Cemetery And Memorial » situé sur la commune de Draguignan, une cérémonie présidée par le ministre de la Défense, Mme Michèle Alliot-Marie, en présence du ministre délégué aux Anciens combattants, M. Hamlaoui Mekachera. Le 15 août, à 9 heures, devant la stèle commémorative du Dramont, se tiendra une cérémonie présidée par le ministre délégué à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, M. Xavier Darcos. Le 15 août, à 9 heures, sous la présidence du ministre de la Défense, Mme Michèle Alliot-Marie, en présence du ministre délégué aux Anciens combattants, M. Hamlaoui Mekachera, et du secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Mme Brigitte Girardin, aura lieu la cérémonie de Cavalaire, devant le monument en hommage à l’armée de Lattre.

Temps fort de ces commémorations, la cérémonie internationale présidée par le Président de la République, M.  Jacques Chirac, réunira 16 chefs d’états et de gouvernement étrangers (voir liste en annexe), plusieurs membres du gouvernement français, des vétérans et de nombreuses personnalités. Dès 12 heures, un défilé naval composé de plus d’une vingtaine de bâtiments français et étrangers (britanniques, américain, algériens, marocain et tunisien) partira du cap d’Antibes pour rejoindre Toulon vers 18 heures. A 18 heures, à l’invitation du Président de la République, débutera la cérémonie internationale à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle. Après une remise de décorations à des vétérans représentant 23 nations, M. Jacques Chirac prononcera une allocution. A 18 heures 55, un défilé aérien, puis à 19 heures, un revue navale, seront présentés au Président de la République et à l’ensemble des invités de cette cérémonie. Cette cérémonie sera clôturée par la Patrouille de France, qui évoquera le souvenir d’Antoine de Saint-Exupéry et de tous les navigants de l’opération « Dragoon », français, anglais et américains.

Quelle est le rôle du ministère de la défense dans ces cérémonies ?

Sur l’ensemble de ces cérémonies, d’avril 2004 à février 2005, environ 30 000 militaires, en activité ou de la réserve, auront été directement impliqués, tant dans le cadre des manifestations elle-mêmes que pour assurer la sécurité et le soutien des commémorations.

Que signifie la « décristallisation » ?

Le dispositif législatif dit de « cristallisation », adopté par le Parlement à partir de 1958, a gelé les pensions et retraites des anciens combattants des pays de l’ex-Union française à la date d’indépendance de ces pays. Mais par un arrêt dit « arrêt Diop » du 30 novembre 2001, le Conseil d’Etat a jugé ce système discriminatoire, conformément à l’article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme. Aussi, le Gouvernement est-il soucieux de réparer l’injustice faite à ces anciens combattants et de réévaluer ce dispositif en le « décristallisant ». Toutes les dispositions nécessaires pour la mise en œuvre effective de ces mesures ont été prises en 2003. Ainsi, les pensions pourront être définies en fonction d’un critère de résidence, permettant la prise en compte du pouvoir d’achat moyen. Ce système introduit une mesure de proportionnalité selon le coût de la vie dans les différents pays concernés, afin de ne léser personne. Il est possible, pour ceux qui le souhaitent, de renoncer à leur pension ou retraite en optant pour le versement d’un capital.

Où en est la mise en oeuvre de cette « dé-cristallisation  » des pensions ?

L’article 68 de la loi de finances rectificative pour 2002 a fixé les bases juridiques de la « décristallisation » ; le décret n°2003-1044 du 3 novembre 2003 permet sa mise en œuvre effective. La revalorisation concerne 53 588 pensions militaires, 48 660 retraites du combattant et 29 905 pensions militaires d’invalidité. Elle profite à des ressortissants d’une vingtaine de pays et son taux varie entre 20 % et 120 % selon les pays et les types de pensions. Pour la financer, un crédit de 72,5 millions d’euros a été voté par l’Assemblée nationale dès 2002. La dé-cristallisation des pensions militaires d’invalidité, de la retraite du combattant et des pensions militaires est désormais effective en Algérie, comme dans les autres pays concernés. Au total, plus de 64 millions d’euros seront ainsi versés par la France en 2004 aux anciens combattants d’Algérie de l’armée française. L’assemblée nationale française a voté le 11 Juin 2004 le projet de loi « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français “rapatriés” ».

Quelle est la prochaine étape ?

Ce projet devrait être discuté avant la fin de l’actuelle session parlementaire par le Sénat. Ce dispositif, amélioré par la discussion parlementaire, pourrait ainsi entrer en application dès le 1er janvier 2005. Le Gouvernement remettra au Parlement d’ici un an un rapport faisant le bilan de la situation des enfants de harkis en matière de formation et de logement, par exemple. Quelles sont les principales mesures matérielles proposées par le projet de loi ? Il a été décidé d’augmenter très fortement l’allocation de reconnaissance aux harkis, qui est attribuée depuis le 1er janvier 2003 (11 200 personnes). Cette allocation sera portée de 1 370 à 2 800 euros par an dès le 1er janvier 2005. Ceux qui le voudront pourront opter, en lieu et place, pour le versement d’un capital d’un montant de 30 000 euros. Parallèlement, les aides particulières à l’accession et à l’amélioration de l’habitat, instituées en 1995, seront prorogées jusqu’en 2009. Ces mesures représentent un effort de plus de 700 millions d’euros pour le budget de l’Etat. Plus de 310 millions d’euros seront ainsi consacrés à la restitution de sommes qui avaient été prélevées par l’Etat sur les certificats d’indemnisation qui leur avaient été remis.

Chefs d’Etat et de gouvernement présents lors des cérémonies le 15 Août 2004

S.M. le Roi Mohammed VI du Maroc - S.Exc. le Général Gnassingbe EYADEMA, Président de la République Togolaise - S.Exc. M.Paul BIYA, Président de la République du Cameroun - S.Exc. M.Blaise COMPAORé, Président de la République du Burkina Faso
- S.Exc. M. Zine el Abidine BEN ALI, Président de la République tunisienne - S.Exc. M. Idriss DEBY, Président de la République du Tchad - S.Exc. M. MAAOUYA OULD SID’ahmed taya, Président de la République Islamique de Mauritanie - S.Exc. le général Mathieu KEREKOU, Président de la République du Bénin - S.Exc. M. Abdelaziz BOUTEFLIKA, Président de la République Algérienne Démocratique et Populaire - S.Exc. M. Ismaïl OMAR GUELLEH, Président de la République de Djibouti - S.Exc. M. Mamadou TANDJA, Président de la République du Niger - S.Exc. M. Abdoulaye WADE, Président de la République du Sénégal - S.Exc. M.Marc RAVALOMANANA, Président de la République de Madagascar - S.Exc. le colonel AZALI ASSOUMANI, Président de l’Union des Comores - S.Exc. M. Amadou Toumani TOURE, Président de la République du Mali - S.Exc. M.  François BOZIZE, Président de la République Centrafricaine
- S.Exc. M. Mamadi CONDE, Ministre des affaires étrangères de la République de Guinée - S.Exc. M. Rodolphe ADADA, Ministre des affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie de la République du Congo - M. Ali BONGO, Ministre de la défense de la République Gabonaise - S. Exc. M. Ivor CAPLIN, Ministre des anciens combattants du Royaume-Uni, de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord - Le représentant de la République de Côte d’Ivoire - Le représentant des Etats-Unis d’Amérique.

Mise à jour août 2004